Carl et les Vies parallèles - Premières impressions


Dans Carl et les Vies parallèles, premier roman de « Franckos dit Bartos» (en langage Singette, son personnage fétiche), on retrouve cette énergie enfantine, paillarde, chansonnière, partout traversée d’irruptions surréalistes.
On pense forcément à Boby Lapointe, ou au Boris Vian de L’Automne à Pékin, ces ovnis littéraires pas complètement dégrossis, pas encore ciselés sous la lentille, mais déjà portés par une folie cohérente.

Marc Autret : maquettiste de « Carl et les vies parallèles » (septembre 2006)

Un premier roman qui célèbre Ramon Pipin, Christian Vander dans son Magma, la vie nue, tout en ayant la puissance irradiante d'une oeuvre de Raymond Queneau ne saurait être ignoré.

Guy Darol : auteur et critique littéraire et  musical in le blog de Guy
Darol agitateur conseil (septembre 2006)

Article de Frédéric Vignale vu sur www.lemague.net (mars 2007)

"Carl et les vies parallèles" de Franck dit Bart raconte sur 246 pages la vie ordinaire, bancale, héroïque et palpitante d’un écrivain précaire aux prises avec son œuvre à travers les vicissitudes et les pactes surréalistes de sa vie conjugale.

Ainsi notre héros, écrivain maudit, libertaire et voyeur, est un homme qui vit en couple avec une femme qui ne partage pas son goût prononcé pour le naturisme, menant la vie organisée et sans saveur d’une secrétaire de direction ayant eu deux enfants, un garçon et une fille.

Le "deal" entre Carl et sa femme est simple ; il s’occupe des enfants toute l’année en alternance avec ses moments d’écriture et l’été il a le droit d’aller seul dans un camp de naturisme pour laisser libre court à sa passion pour la vie sans textile.

Tout cela n’est évidemment qu’un joli prétexte narratif, le décor, la toile de fond d’un délire monomaniaque, généreux, baroque, irrévérencieux d’un personnage qui déride la littérature, est en perpétuelle invention, se promène sur des chemins bien moins futiles qu’il n’y paraît.

Car c’est bien de la condition d’écrivain, des drames conjugaux du quotidien, de la vie fantasmatique, de l’idéal artistique dont parle Frank Dit Bart à travers ce conte moderne, cette fable savoureuse qui fait du Houellebecq de manière bien plus gourmande et bien moins glauque que Houellebecq lui-même.

On est dans le roman picard, dans la grand tradition littéraire d’un genre qui s’amuse, se nourrit du truculent tout en racontant le monde tel qu’il est comme personne.

Franck dit Bart aime singer son monde, se fendre la poire, il aime le tragique, le grand guignol et met en rouge l’absurdité de son siècle. Car la quête du Graal de tout cela c’est, bel et bien, le plaisir l’épicurisme comme philosophie de la vie.

Il ne faut pas réduire ce roman à un roman naturiste, c’est un roman tout court qui fait du bien aux mots, aux maux et aux zygomatiques, c’est foisonnant, c’est riche, c’est offert au monde avec un grand sens du partage, c’est une pièce montée comme cadeau de mariage pour un couple vivant dans un studio, c’est finalement très anarchiste tout cela et profondément créatif.

Bref on aime et on en redemande. A vous de juger. En tout cas un livre qui fait du bien en ces temps de politiquement correct... Le roman est de Franck dit Bart est une explosion hormonale, sémantique et géniale…de la vraie littérature française d’un arrière arrière petit fils de François Rabelais, version sans textile !!

Voir également le blog de l'éditeur

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